La Compagnie Jusqu’à l’Aube porte les projets du metteur en scène bordelais Nicolas Dubreuil. Pour créer ses spectacles, il revendique une démarche collective de création et une dramaturgie plurielle en s’entourant d’une équipe artistique pluridisciplinaire (auteur·e·s, acteur·trice·s, danseur·euse·s, musiciens·ne·s, plasticiens·ne·s, éclairagistes). En parallèle de ses créations, Nicolas développe un travail de proximité avec les publics, imaginant des projets de médiation et accompagnant la pratique amateur sous toutes ses formes. La Compagnie Jusqu'à l'Aube est adhérente de l'Iddac, de Théâtre Éducation Aquitaine, du Syndicat du Spectacle Vivant - Synavi et du Studio Théâtre 71.

"Condamnés à expliquer le mystère de leur vie, les hommes ont inventé le théâtre". Louis Jouvet

 

J’aime le théâtre. Sans doute parce qu’il permet de ressentir toutes la palette des émotions humaines le temps d’un instant. Sans doute aussi parce qu’il a cette capacité de sublimer la vie et de révéler avec humour et poésie toute la complexité de notre monde. Sans doute parce qu’il fait le lien entre l'universel et le singulier, l'infiniment grand et l'infiniment petit. 

Pour créer un spectacle, je pars toujours d’une histoire qui me touche, d’un texte que j’ai lu, d’une histoire entendue, d’une réflexion insensée sur notre paradoxale humanité. Puis je réunis l'équipe et on va au plateau. On cherche et on se nourrit de tout : autant des expériences personnelles de chacun·e que des paroles récoltées auprès du public. Je revendique une dramaturgie plurielle car j’aime croiser les regards et pratiques artistiques : le texte et la langue, la scénographie et les arts plastiques, le corps et son mouvement. Tout m’inspire : un geste, un bout de texte, un trait de crayon, une esquisse de décor, un filet de lumière, quelques notes de musique. Et à chaque fois que quelque chose me touche (sans vraiment savoir pourquoi), je le note, l’enregistre, l’inscris dans ma mémoire. Et au fil des répétitions, avec l’aide de tou·te·s les artistes qui oeuvrent à la création, je cherche comment tous ces petits instantanées de vie peuvent cohabiter sur scène et s’imbriquer pour écrire la fiction.

Car, il ne faut pas oublier que le but ultime de tout ça, c’est de raconter des histoires. Certes, elles ressemblent très souvent à la réalité mais elles ont ce petit truc en plus qui permet de rire d’une situation tragique et de pleurer face au bonheur d’un personnage. Le théâtre est un jeu : on y croit jusqu’au bout et on veut que le public y croit avec nous. Jouer. Prendre du plaisir dans ce que l’on fait tout en étant exigent dans le travail. C’est pourquoi j’accorde une grande importance dans la direction des actrices et acteurs. Leur jeu doit être physique et généreux.  Pour chaque création, je pars de techniques physiques (théâtre masqué, théâtre du mouvement, danse....) et explore au plateau avec les actrices et acteurs un théâtre de la poésie corporelle. Des corps en mouvement. Pour mieux révéler le vivant.

Nicolas Dubreuil